Bugaled.
Un sous-marin américain suspect
Le
Télégramme 2 mai 2010
L'enquête
sur le naufrage du Bugaled-Breizh est sans doute relancée.
Le nouveau rapport d'expert désigne un sous-marin américain
comme possible responsable du drame qui a fait trois morts et deux
disparus, le 15 janvier 2004, dans la Manche.
Dans
un premier rapport, l'expert sous-marinier Dominique Salles avait
qualifié de «hautement probable» l'implication
d'un sous-marin nucléaire d'attaque dans le naufrage du Bugaled-Breizh.
Une thèse opposée à celle de «l'accident»
de mer défendue par le procureur de Quimper. En novembre
dernier, la chambre d'instruction de Rennes avait donné six
mois à Dominique Salles pour «dire s'il s'est produit
un événement particulier ou s'il existe une raison
objective justifiant la présence, au moment du naufrage,
d'un ou plusieurs sous-marins nucléaires d'attaque».
L'expert
préconise d'interroger les États-Unis
Un
événement particulier? DominiqueSalles dit non. Une
raison objective? Là, il dit oui et préconise même
de lancer une commission rogatoire internationale vers les États-Unis.
Le but : réclamer la position des sous-marins nucléaires
d'attaque américains dans la Manche, le 15janvier2004. Car
son l'hypothèse, la voici:dans le cadre de l'accord de désarmement
militaire nucléaire passé entre les États-Unis
et la Russie en septembre2000, les États-Unis devaient éliminer
du plutonium de qualité militaire en excédent. Ceci
en le transformant en combustible destiné aux centrales nucléaires.
La fabrication d'assemblages test ne pouvait être faite qu'en
France. Les États-Unis et la France avaient conclu un accord
pour un transport de ce plutonium en octobre2004, au port de Cherbourg.
Un
SNA américain qui espionnait les Japonais
Compte
tenu des risques d'une telle opération, DominiqueSalles soutient
que les États-Unis ont pu vouloir contrôler en amont
l'efficacité des moyens de protection de ce transport. Or
la seule opération similaire avant octobre2004 se tenait
le 19janvier 2004. À cette date, le Pacific Sandpiper quittait
Cherbourg à destination du Japon avec à bord 132 conteneurs
de déchets issus du centre de retraitement de La Hague. Selon
l'expert, les États-Unis auraient donc amené un SNA
pour espionner cette opération militaire japonaise. L'expert
dit qu'il existe là «une raison objective justifiant
la présence d'un SNA américain dans la partie ouest
de la Manche, y compris la zone du naufrage du Bugaled-Breizh, le
15janvier 2004». L'expert avance que le submersible américain
serait effectivement entré en Manche le 15janvier au matin
dans la zone du Cap Lizard afin d'éviter d'être repéré
par les bâtiments militaires de l'Otan qui devaient se mettre
en transit ce jour-là vers la zone de l'exercice interallié
Aswex 04.
«Une
grande avancée»
Vendredi,
les parties civiles ont accueilli ce rapport de façon positive.
«C'est une grande avancée», a lancé Rémy
Gloaguen, frère d'une des victimes. «Ceci laisse la
porte ouverte aux commissions rogatoires internationales»,
a plaidé Me Bergot, avocat des familles et du comité
local des pêches du Guilvinec. Le 1erjuin prochain, devant
la chambre d'instruction de Rennes, il défendra, comme Me
Kermarrec, avocat de l'armateur, la poursuite des investigations...
avec ce nouveau rapport de l'expert en appui.
Pascal
Bodéré
L'enquête
continue
Le Télégramme -2 juillet 2010 à 10h50
La
cour d'appel de Rennes a indiqué ce matin aux parties civiles
qu'elle ordonnait la poursuite de l'enquête sur le naufrage
du Bugaled-Breizh, le 15 janvier 2004 en Manche. Pour cela, la cour
rennaise nomme deux nouveaux magistrats instructeurs de Nantes,
en remplacement de la juge d'instruction du Tribunal de grande instance
de Quimper.
Pour
le président Bartholin, le but est d'identifier le sous-marin
"en cause dans le naufrage du Bugaled". Les parties civiles
sont"plutôt satisfaites" de cette décision
mais regrettent que la question de l'identification des radeaux
de survie ait été rejetée par la cour.
Sur
la piste d'un sous-marin américain
Le
Parisien - 02.07.2010, 11h16 | Mise à jour : 14h31
La
chambre d'instruction de la cour d'appel de Rennes a annoncé
vendredi, sa décision de relancer l'enquête pour «identifier
le sous-marin en cause dans le naufrage du Bugaled Breizh».
Ce chalutier breton a coulé en quelques minutes, au large
des côtes anglaises, le 15 janvier 2004, dans des circonstances
encore non élucidées.
Des
manoeuvres militaires de l'Otan, ainsi qu'un exercice de la Marine
britannique se déroulaient dans cette zone. Le naufrage a
entraîné la mort de cinq hommes d'équipage.
«La cour ordonne la poursuite de l'information judiciaire
dans le but d'identifier le sous-marin en cause dans le naufrage
du Bugaled Breizh», a déclaré à l'audience
Jean Bartholin, le président de la chambre d'instruction
de la cour d'appel de Rennes.
Deux
juges d'instruction de Nantes, Jacky Coulon et Robert Tchalian,
ont été nommés «pour orienter leurs recherches
vers l'identification du sous-marin», a-t-il ajouté.
Cette
décision qui répond à la demande ardente des
parties civiles fait suite à un rapport d'expert sous-marinier
selon lequel «il existe une probabilité pour qu'un
sous-marin nucléaire d'attaque américain soit impliqué
dans le naufrage».
Selon
ce rapport, le sous-marin nucléaire se serait trouvé
dans la zone du naufrage lors d'une mission d'observation discrète
d'un transport de résidus nucléaire vitrifiés
au départ du port de Cherbourg.
Dans
son arrêt, la cour d'appel précise «qu'il apparaît
nécessaire à la manifestation de la vérité
que les investigations se poursuivent afin qu'il soit demandé
aux autorités américaines de donner la position de
leurs sous-marins nucléaires d'attaque le 15 janvier 2004
vers 12H00».
La
cour a par ailleurs confirmé le rejet de plusieurs demandes
d'investigations supplémentaires dont celle concernant la
panne d'enregistrement des communications du Cross (centre régional
opérationnel de surveillance et de sauvetage) du cap Gris-Nez
pendant plusieurs heures, immédiatement après le naufrage.